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Travail 2026 : génération Z, IA et santé mentale — le nouvel accord

Category: Pour les entreprises

Bien-être au travail 2026 - génération Z et santé mentale

Author: Philippine Cromback · Publication: 2026-03-15

Ce que la génération Z et la crise d’engagement nous obligent à changer dans l’organisation du travail.

87 % des salariés français craignent que le travail nuise à leur santé à long terme. C’est le chiffre qui ouvre l’étude internationale Wellpass/YouGov 2025. Mais bon… au fond, ça surprend encore quelqu’un ?

Ce qui est plus intéressant, c’est la suite. Ces mêmes salariés se disent « lucides » — et pourtant paralysés. La France est le pays qui cumule la conscience la plus aiguë du problème et le plus faible passage à l’action. Et pendant ce temps, Gallup publie une donnée qui devrait provoquer une urgence dans chaque CODIR : seulement 23 % des salariés français et européens se disent réellement engagés dans leur entreprise. Moins d’un sur quatre. Et ça baisse.

En 2026, trois forces convergent pour forcer la main : une génération Z qui refuse les compromis d’usage, une IA qui promet beaucoup et exige encore plus, et une crise silencieuse de la santé mentale que les enquêtes d’engagement ne capturent pas. La question n’est plus « faut-il agir ? ». C’est : « jusqu’où êtes-vous prêts à changer vraiment ? »

La Gen Z n'a pas inventé le problème. Elle l'a juste refusé.

La génération Z, ce n’est pas une génération difficile. C’est une génération lucide. Alice Hagger, Chief Brand & Marketing Officer chez Welcome to the Jungle, le formule ainsi lors du webinar Culture RH : « Ça n’est pas un caprice générationnel. C’est un changement d’époque. »

Il y a une logique économique simple derrière. Les boomers ont mis en moyenne 20 ans pour doubler leur niveau de vie. La Gen Z ? 80 ans. C’est une mesure de l’OCDE. On comprend mieux pourquoi une génération qui évalue lucidement la balance entre ce qu’elle donne et ce qu’elle reçoit se montre moins disposée à tolérer un management toxique ou un travail sans perspective.

Chaque génération regarde la précédente et décide ce qu’elle veut reproduire et ce qu’elle veut surtout pas reproduire. La Gen Z a grandi avec la crise financière de 2008 dans le rétroviseur, le Covid comme expérience fondatrice, et la santé mentale comme critère de choix professionnel. Pas comme bonus. Comme standard.

  • 76 % des jeunes actifs considèrent le manager comme le critère clé de l’attractivité (Welcome to the Jungle/Culture RH, 2025)
  • 65 % de la Gen Z identifie le comportement du leadership et la culture d’entreprise comme leur priorité santé numéro un (YouGov/Wellpass, 2025)
  • 95 % des 18-30 ans estiment que la qualité de leurs relations au travail améliore leur bien-être global

Ce n’est pas le babyfoot qui retient les Z. Ce n’est pas non plus le seul télétravail. Ce qui les fidélise : un manager qui inspire et non qui surveille, un sens du projet visible et cohérent, une trajectoire claire même sans promotion immédiate, et des preuves d’action sur la santé pas des déclarations d’intention.

Doriane Feddag, Talent Acquisition Partner chez EGYM Wellpass, l’observe chaque jour en entretien : « Ils ne se laissent pas berner. Ils veulent du concret, de la précision sur les rôles, et se projeter vraiment. »

Ce que la Gen Z exprime avec une franchise désarmante, les autres générations le pensent mais ne le disent pas. Un senior en fin de carrière, une cadre de 42 ans avec des enfants, un ouvrier de production : tous veulent du sens, de la flexibilité, un management digne. La Gen Z a juste eu le culot de le formuler à voix haute. Un mauvais recrutement coûte en moyenne 55 000 € (Welcome to the Jungle). Pas parce que le profil était mauvais. Parce que la promesse ne correspondait pas à la réalité.

L’IA : levier ou couche de stress supplémentaire ?

Au WellSummit 2025, Jennifer Sitruk pose la question à la salle : « Qui pense que l’IA va surtout faciliter les démarches de bien-être ? » 80 % des participants en ligne lèvent la main. Optimisme généralisé.

Mais Lydia Martin, psychologue du travail chez Alan, met le doigt sur quelque chose de plus subtil : « L’IA va mettre une nouvelle couche sur l’intensification du travail. On va être plus efficace sur certaines tâches, mais on va réinvestir le temps gagné ailleurs. Et la charge mentale, elle, ne diminue pas. »

“Avant, quand j'avais besoin d'un papier, j'allais voir le service finance, on cherchait ensemble. Maintenant, l'IA me le fournit directement. Et ces liens faibles qui nourrissaient le bien-être au travail… ils disparaissent.”  — Charles de Fréminville, DRH Mistral — WellSummit 2025

L’IA n’est pas un outil de bien-être en soi. C’est un amplificateur. Elle amplifie la productivité, oui. Mais elle amplifie aussi le rythme, la disponibilité attendue, et l’isolement progressif quand les interactions humaines de faible intensité disparaissent au profit des requêtes automatisées.

L’usage concret existe pourtant. Chez Alan, 650 collaborateurs publient chaque semaine un résumé de leur semaine sur Slack. Un outil connecté à Mistral via Dust agrège ces données, les analyse par niveaux de stress et d’énergie. Les managers reçoivent chaque mercredi un « pouls » d’équipe. Pas pour surveiller. Pour agir avant que les signaux faibles deviennent des départs. Chez Ubisoft, la même logique a permis d’analyser des dizaines de milliers de verbatims d’enquête d’engagement et de découvrir des corrélations inattendues dont une augmentation de productivité directement liée à la satisfaction vis-à-vis du rythme de télétravail.

C’est la bonne façon de poser le sujet : l’IA comme outil de diagnostic précoce, pas comme substitut à la conversation. La détection de patterns de fatigue dans des données publiques et consenties, la structuration d’un feedback difficile, l’analyse fine des verbatims voilà des usages qui ont du sens. À condition que l’humain reste au bout de la chaîne.

On investit. Au mauvais étage.

Voilà le vrai sujet. 88 % des entreprises françaises ont lancé au moins une action bien-être. Le budget moyen oscille entre 200 et 1 000 € par salarié, soit 1 à 3 % du budget RH global. Malgré ça, 30 % des actifs ont vécu un burn-out modéré ou sévère en 2024.

Comment est-ce possible ? Lydia Martin l’explique avec une clarté chirurgicale lors du WellSummit : « On intervient au niveau individuel. Parfois au niveau collectif via le management. Mais l’organisation du travail, le niveau qui produit vraiment du changement sur le long terme, on ne le touche pas. Parce que c’est le plus difficile. »

Et c’est là que réside le vrai problème. On ne décore pas une maison qui n’a pas encore été rangée. Arnaud Villedieu, consultant RH, le résume avec une brutalité réjouissante : « Sauve une culture, brûle un baby-foot. » Le toboggan en salle de réunion, la piscine à balles, le bar à kombucha : ce n’est pas de la QVCT. C’est de la décoration sur un problème structurel qu’on refuse d’affronter.

  • 71 % des actifs français jugent leur routine de travail trop sédentaire (YouGov/Wellpass, 2025)
  • 49 % déclarent que leur travail altère la qualité de leur sommeil
  • 57 % estiment que leur performance a été freinée par des problèmes de santé

Ces chiffres ne se règlent pas avec une application de méditation. Ils se règlent en repensant la charge, les rituels d’équipe, la densité des réunions, la culture managériale, la légitimité du mouvement dans la journée de travail.

L’analogie de Lydia est implacable : « Ce n’est pas parce qu’on casse le thermomètre qu’il n’y a plus de fièvre. Mesurer l’engagement n’est pas diagnostiquer les risques psychosociaux. » Les enquêtes d’engagement mesurent précisément les personnes les plus à risque de burn-out les plus engagées, les plus investies. Elles ne mesurent pas les causes organisationnelles.

Et le coût de l’inaction est désormais chiffrable. Un employé désengagé coûte en moyenne 15 000 € par an à son organisation. Un départ à 18 mois : entre 20 000 et 45 000 € selon les profils. Une étude Oxford 2024 le confirme différemment : recruter et onboarder un nouveau collaborateur coûte cinq fois plus cher que former, développer et prendre soin d’un collaborateur existant. La question n’est donc pas « a-t-on les moyens d’investir dans le bien-être ? ». C’est : « a-t-on les moyens de ne pas le faire ? »

Ce que 2026 exige concrètement

Un management qui redevient humain

La crise du management n’est pas une métaphore. Plus personne ne veut manager non pas par caprice, mais parce qu’on a poussé des experts à devenir managers alors qu’ils étaient meilleurs dans leur métier. Pendant ce temps, le contexte économique a transformé le rôle en gestionnaire de mauvaises nouvelles. Alice Hagger le note : « Être manager, ça demande du courage managérial. C’est un vrai métier. Ça s’apprend. »

Il y a aussi quelque chose de typiquement français dans ce blocage : une obsession pour les 5 % qui pourraient « en profiter » le télétravailleur présumé fainéant, le collaborateur en conférence phone depuis son jardin. On construit des politiques entières pour se protéger de 5 % de cas limites, et on pénalise les 95 % qui auraient flourishé avec un peu de confiance. C’est un calcul perdant.

La solution passe par deux pistes complémentaires : créer deux chemins de carrière distincts expert et management avec des niveaux de reconnaissance équivalents, et former réellement les managers dans la durée. Pas une session annuelle. Un accompagnement véritable qui leur donne les outils pour lire les signaux faibles avant qu’ils deviennent des départs.

La santé / bien être comme standard, pas comme avantage

Pour la Gen Z, l’activité physique n’est pas un perk c’est une valeur santé. Le sport comme régulateur du cortisol, levier de cohésion, marqueur de vitalité. Chez EGYM Wellpass, l’intégration de cette culture dans une vision holistique formation managériale, surveys employés, culture explicite a produit une réduction de 36 % du turnover. Pas grâce à une offre isolée. Grâce à un plan d’action cohérent.

Dolihane le dit simplement : « Il n’y a pas d’action isolée possible sur la santé. C’est une roadmap, une vision. Pas un avantage périphérique. »

La transparence comme nouveau socle de confiance

Ce qui retient les talents en 2026 n’est pas la perfection. C’est la cohérence. Une entreprise qui communique clairement sur ses difficultés, qui donne une trajectoire visible même sans promotion immédiate, qui dit la vérité sur le contexte dès l’entretien de recrutement cette entreprise construit quelque chose de rare : de la confiance.

Une usine industrielle en démarrage l’a vécu en accéléré. Après une vague de départs liés à l’écart entre promesse et réalité, ses dirigeants ont pris un parti radéical : dire la vérité. « C’est difficile ici. Il fait froid, c’est bruyant, c’est physique. En revanche, voici exactement ce qu’on vous promet en termes de progression, et on le tiendra. » Résultat : le turnover s’est stabilisé et des collaborateurs sont venus spontanément, par recommandation. Parce que les gens parlaient de l’employeur en disant : « ils ne nous prennent pas pour des andouilles. »

La Gen Z teste notre cohérence. C’est une bonne nouvelle. Parce que les organisations qui passent ce test sont précisément celles qui traitent les causes réelles du mal-être, et non celles qui investissent 1 000 € par salarié dans des corbeilles de fruits.

Le nouvel accord

2026 ne marquera pas la fin des problèmes de bien-être au travail. Mais il peut marquer le début d’une honnêteté nouvelle sur ce qu’il faut vraiment changer.

L’accord à renégocier n’est pas entre générations. Il est entre l’organisation ses rythmes, sa culture, ses managers, ses outils et les humains qui la font tourner. Toutes générations confondues. Et il a un prix. Pas le prix du baby-foot. Le prix du changement réel.

L’IA peut aider à lire les signaux, à libérer du temps, à diagnostiquer plus finement. Mais elle ne remplacera pas la conversation difficile, la décision courageuse, ni la culture qui légitime de se lever de son bureau pour aller courir à midi.

Le futur du travail devra être humain. Ce n’est pas une métaphore. C’est un programme.

Sources : Étude internationale Wellpass/YouGov 2025 « Le travail c’est la santé ? » (3 007 répondants, France/Allemagne/États-Unis) — WellSummit 2025, table ronde « IA & Bien-être au travail » (Jennifer Sitruk, Charles de fréminvilles/Mistral, Maxime/Alan, Lydia Martin/Alan) — Webinar Culture RH « Génération Z et travail » (Dorian Feddag/EGYM Wellpass, Alice Hagger/Welcome to the Jungle) — WellSummit Playbook 2025 — Conference Afterwork HR Engagement Lyon (Kevin/ex-Ubisoft, Sophie/ex-Jardins d’Arcadie) — Wild Meet Bordeaux, Engagement Collaborateur (Nicolas, Arnaud/H2O).

FAQ

    Selon Gallup, seulement 23 % des salariés européens se disent réellement engagés. En France, la combinaison d'un management peu formé, d'une organisation du travail rigide et d'un manque de transparence sur les perspectives explique ce décrochage.

    Non — elle est plus exigeante sur la cohérence. Elle teste l'alignement entre la promesse employeur et la réalité. Ce que les autres générations pensaient sans le dire, la Gen Z le formule à voix haute.

    Pas automatiquement. Elle amplifie ce qui existe déjà — productivité comme pression. Utilisée comme outil de diagnostic (analyse de verbatims, détection de signaux faibles), elle peut aider. Utilisée pour intensifier la charge, elle aggrave.

    Parce qu'ils interviennent au niveau individuel, pas organisationnel. On soigne les symptômes sans toucher les causes : charge de travail, culture managériale, densité des réunions.

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