Gen Z au travail : le sport n'est pas un avantage. C'est un standard.
Category: Pour les entreprises
Author: Philippine Cromback · Publication: 2026-03-15
Ce que les jeunes actifs attendent vraiment — et ce que les employeurs ont encore intérêt à comprendre avant leurs concurrents.
54 % des 18-34 ans ont placé « faire plus de sport » en tête de leurs résolutions 2026. Devant l’épargne. Devant la carrière. Devant le couple. (Plum/Selvitys, janvier 2026)
On pourrait lire ça comme une anecdote de début d’année. Ce serait une erreur. C’est un signal de valeur. Pour la génération Z, l’activité physique n’est pas un loisir qu’on cale dans les intérstices de la vie professionnelle. C’est une pratique identitaire, au même rang que la santé mentale, le sommeil ou la nutrition. Et cette pratique, elle ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise.
Pour les employeurs qui recrutent ou retiennent des 25-35 ans, la question n’est plus « doit-on proposer quelque chose autour du sport ? ». C’est : « est-ce qu’on propose quelque chose de crédible » ?
Ce que « sport priorité » veut dire pour un employé de 28 ans.
McKinsey l’a documenté proprement : la Gen Z ne perçoit pas le bien-être comme un bonus de fin de année ou un avantage salarié parmi d’autres. C’est une dimension constitutive de leur identité. Santé mentale, activité physique, applications de suivi, wearables : tout ça forme un système cohérent qui doit, selon eux, infuser toutes les sphères de leur vie. Y compris — surtout — le travail.
La conséquence est directe : si votre culture d’entreprise rend difficile de faire du sport en semaine — pas de flexibilité d’horaires, réunions calées de 8h30 à 19h30, aucun accès facilité à une salle — vous n’êtes pas « neutre » sur ce critère. Vous êtes dissonant. Et la dissonance avec les valeurs profondes d’un candidat ou d’un collaborateur, c’est un générateur de désengagement silencieux.
- 73 % des Gen Z s’entraînent au moins 2 fois par semaine (The Gym Group, 2025)
- 87 % affirment que l’exercice physique améliore leur santé mentale
- 55 % citent la santé mentale parmi leurs premières raisons de pratiquer un sport
Ce n’est pas une génération « sport pour les abs ». C’est une génération qui utilise le sport comme outil de régulation émotionnelle, de gestion du stress et de performance cognitive. 87 % d’entre eux font le lien direct entre exercice et santé mentale. Ce chiffre, dans une période où 30 % des actifs français ont vécu un burn-out modéré ou sévère en 2024, n’est pas anodin.
La Gen Z n’attend pas que son employeur lui explique les bienfaits du sport. Elle le sait. Elle attend qu’il lui en facilite la pratique.
Flexibilité et accès : les deux leviers opérationnels.
82 % des jeunes actifs estiment qu’intégrer l’exercice dans leur journée de travail améliore leur énergie et leur productivité (The Gym Group, 2025). 52 % disent que des horaires flexibles les aideraient à rester actifs régulièrement.
Traduction RH : la flexibilité n’est pas une concession accordée aux employés difficiles. C’est un outil de performance. Ce n’est pas une question d’horaires aménagés ou de dérogations au cas par cas. C’est une décision structurelle. Certaines entreprises l’ont compris et en ont fait un standard non-négociable.
Chez EGYM Wellpass, la pause déjeuner dure deux heures. Le créneau est bloqué dans tous les agendas — impossible d’y caler un meeting. Ce qui y entre à la place : une séance, un déjeuner d’équipe, une sieste. En pratique, c’est souvent du sport entre collègues. Des quais de Seine aux Buttes-Chaumont, du Polygone de Vincennes aux bords du lac d’Annecy en télétravail. « On rentabilise les pauses déj ensoleillées. » Cette organisation n’est pas un cadeau. Ce n’est pas un avantage négocié. C’est un choix structurel inscrit dans la culture de l’entreprise — et il se voit dans les chiffres de rétention. — Témoignage collaborateur EGYM Wellpass
C’est exactement ça, l’écart entre le niveau 1 et le niveau 3. Ce n’est pas une salle dans les locaux. Ce n’est pas une subvention annuelle. C’est un agenda qui protège la pause, une culture qui légitime de bouger à midi, et un accès sport qui suit le collaborateur partout. La flexibilité, quand elle est structurelle, ne coûte rien et change tout.
“Le lieu de socialisation des jeunes actifs, c’est autant la salle de sport que le bureau. 55 % des 18-28 ans voient plus souvent les gens de leur salle que leur manager dans une semaine type.” — PPL PRS, enquête 500 actifs 18-28 ans, novembre 2025
Ce chiffre mérite qu’on s’y arrête. La salle de sport n’est pas un concurrent du bureau. C’est l’endroit où se construit une partie du capital social, de la discipline personnelle et de la régulation émotionnelle qui rend le collaborateur plus performant au travail. Empêcher cela, ou simplement ne pas le faciliter, c’est se priver d’un levier gratuit.
Les deux leviers concrets que les employeurs peuvent activer immédiatement : la flexibilité des horaires — qui ne coûte rien mais demande de la confiance — et l’accès facilité à un réseau de salles. Pas nécessairement une salle dans les locaux, utopie chre et sous-utilisée. Un accès multi-sites, flexible, utilisable à toute heure, partout où le collaborateur se trouve.
Pourquoi le « on a une salle dans nos locaux » ne suffit plus.
Beaucoup d’entreprises ont investi dans des espaces sport en interne. C’est mieux que rien. C’est aussi souvent sous-utilisé, géographiquement limité au siège, et inaccessible aux télétravailleurs, aux équipes en région, aux collaborateurs en déplacement.
La gen Z, elle, ne pratique pas le sport à un seul endroit fixe. Elle fait du yoga le lundi près de chez elle, de la musculation le mercredi midi près du bureau, de la natation le vendredi après-midi parce qu’elle a décidé de télétravailler. Elle pratique 300+ activités différentes selon son humeur, ses objectifs, la saison. Un équipement fixe dans les locaux n’adresse pas ce mode de vie. Il l’ignore.
- 82 % des Gen Z estiment qu’intégrer l’exercice dans la journée de travail booste leur énergie et productivité (The Gym Group, 2025)
- 52 % disent que la flexibilité des horaires les aiderait à maintenir une pratique sportive régulière
- 41 % des 18-34 ans ont classé « être en meilleure santé » parmi leurs 5 premières résolutions 2026 (Plum/Selvitys)
Le marché du fitness français est en croissance soutenue, porté précisément par ces profils 25-40 ans qui multiplient les pratiques et les lieux (EPSIMAS, 2026). Ce n’est pas une niche. C’est le cœur de la population active que les entreprises cherchent à recruter et à retenir.
Un accès multi-sites, sur abonnement entreprise, intégré au package collaborateur et utilisable sans contrainte de lieu ni d’horaire : c’est la réponse opérationnelle à ce mode de vie. Pas un avantage périphérique. Un outil de cohérence entre ce que l’entreprise dit valoriser et ce qu’elle rend possible au quotidien.
Le calcul économique est simple — et souvent ignoré.
Un mauvais recrutement coûte en moyenne 55 000 € (Welcome to the Jungle). Un collaborateur désengagé, 15 000 € par an. Recruter et onboarder un nouveau collaborateur coûte 5 fois plus cher que de former et fidéliser un collaborateur existant (Oxford, 2024).
En face de ces chiffres : le coût moyen d’un accès sport en entreprise se situe entre 200 et 1 000 € par salarié et par an selon les dispositifs. Ce n’est pas un coût. C’est un ratio.
Et les effets se mesurent. Chez EGYM Wellpass, les entreprises qui déploient une politique bien-être intégrée incluant l’accès sport multi-sites, combiné à une dimension santé mentale et à un accompagnement managérial observent en moyenne une réduction de 36 % de leur turnover. Pas sur le papier. Dans leurs données RH réelles.
Ce que ça change concrètement : Moins de rotation = moins de recrutements d’urgence, moins de périodes d’onboarding coûteuses, moins de perte de compétences internes. Le sport en entreprise n’est pas une dépense RH. C’est une économie RH déguisée en ligne budgétaire.
Il y a aussi un effet attractivité directe. Dans un marché du travail où les jeunes actifs comparent les offres avec une précision croissante, un package qui intègre un accès sport flexible et crédible n’est plus un différenciateur. C’est une condition de sérieux. Les entreprises qui ne l’ont pas ne perdent pas un argument. Elles perdent des candidats en silencé.
Ce que les meilleurs employeurs ont compris avant les autres.
Les tendances bien-être 2026 sont unanimes : Gen Z et Millennials tirent la demande vers des programmes holistiques — santé mentale, activité physique, personnalisation, flexibilité (GTM, 2026 ; NIS Benefits, 2026). La barre d’exigence n’est plus fixée par les DRH. Elle est fixée par les candidats.
Ce que les meilleurs employeurs ont compris, c’est que la stratégie sport ne vit pas seule. Elle fait partie d’un système. Un collaborateur à qui on offre un accès salle de sport mais dont le manager bloque les pauses déjeuner en réunions ne bénéficiera jamais du dispositif. La cohérence entre la politique affichée et les comportements réels est la condition sine qua non de l’efficacité.
Trois niveaux de maturité s’observent dans les organisations :
Niveau 1 — Le perk isolé.
Un accès salle ou une subvention sport proposé comme avantage parmi d’autres, sans intégration dans la culture ni suivi d’usage. Utilisé par 10 % des collaborateurs. Cité sur la page carrières. Largement ignoré dans la pratique.
Niveau 2 — Le programme structuré.
Un accès sport flexible (multi-sites, multi-activités), communiqué régulièrement, intégré dans l’onboarding et la marque employeur. Taux d’usage significativement plus élevé. Impact mesurable sur la satisfaction et la rétention.
Niveau 3 — La vision holistique.
Le sport comme pilier d’une stratégie bien-être qui inclut santé mentale, flexibilité des horaires, culture managériale, et mesure régulière des effets. C’est à ce niveau que les 36 % de réduction de turnover deviennent réalistes. Et c’est là que se démarquent durablement les employeurs qui attirent et gardent les meilleurs profils.
Ce que vous risquez si vous ne faites rien.
Ne rien faire, c’est une décision. Elle a un coût. Vos concurrents qui proposent un accès sport flexible et crédible n’ont pas nécessairement un meilleur produit ou une meilleure culture. Ils ont juste retiré un point de friction dans l’expérience de leurs collaborateurs.
La Gen Z ne va pas changer d’avis sur l’importance du sport dans sa vie. Le marché du fitness français ne va pas se rétrécir. Les attentes en matière de bien-être au travail ne vont pas diminuer. La question n’est donc pas de savoir si votre organisation doit adresser ce sujet.
La question est de savoir si elle le fera avec une stratégie — ou avec du retard.
Sources : Plum/Selvitys, Top 5 résolutions 18-34 ans 2026 (TF1 Info, janv. 2026) — McKinsey / Sense of Wellness, Gen Z & bien-être identitaire (oct. 2025) — The Gym Group, Gen Z Fitness Pulse Report 2025 — PPL PRS, enquête 500 actifs 18-28 ans (nov. 2025) — GTM / NIS Benefits, Employee Wellness Trends 2026 — EPSIMAS, Marché du fitness France 2026 — Welcome to the Jungle / Culture RH, Webinar Génération Z 2025 — YouGov/Wellpass, « Le travail c’est la santé ? » 2025 — EGYM Wellpass, données internes rétention — Oxford 2024, coût comparatif recrutement vs fidélisation.