Absentéisme : calcul, causes et prévention
L’absentéisme au travail désigne les absences non planifiées, répétées ou prolongées qui, observées sur une période donnée, deviennent un indicateur RH à analyser. Il ne se résume pas au nombre de jours non travaillés : sa fréquence, sa durée, sa concentration par métier ou service et les conditions de retour comptent tout autant.
Pour les directions, les RH, les CSE, les managers et les acteurs de la prévention, la difficulté consiste à passer d’un taux global à une compréhension des causes réelles. Santé, organisation du travail, contraintes physiques, risques psychosociaux, management, facteurs personnels et reprise après un arrêt long peuvent se combiner. Ce guide suit donc un chemin progressif : définir, calculer, interpréter, diagnostiquer, prévenir puis accompagner le retour, sans culpabiliser les salariés ni promettre une baisse automatique des absences.

Qu’est-ce que l’absentéisme au travail ?
L’absentéisme au travail correspond à un niveau d’absences non planifiées, répétées ou prolongées qui appelle une analyse RH et préventive. Il devient significatif lorsqu’il augmente, se concentre dans une population, se répète ou se prolonge au point de perturber l’activité. Il ne permet jamais, à lui seul, de juger la légitimité d’un arrêt ni d’en attribuer la cause.
Le terme ne possède pas une définition unique applicable à toutes les organisations. Le ministère du Travail le décrit comme une absence répétée ou prolongée et non anticipée, tout en rappelant que le périmètre doit être adapté au contexte. Une entreprise industrielle, un hôpital, une PME de services et une administration n’observent ni les mêmes contraintes ni les mêmes rythmes. Avant toute comparaison, il faut donc préciser les types d’absence retenus, la population, la période, l’unité de mesure et les règles de calcul.
Absence, absentéisme et présentéisme : quelles différences ?
Une politique de prévention commence par cette distinction. Sans elle, une organisation risque d’additionner des situations incomparables ou de concentrer son attention sur l’absence visible en ignorant l’usure de salariés qui continuent à travailler malgré une difficulté de santé.
Notion | Définition opérationnelle | Exemples | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
Absence | Période pendant laquelle un salarié n’est pas présent au travail, quelle qu’en soit la raison. | Congé payé, RTT, formation, arrêt maladie, événement familial. | Une absence peut être planifiée, nécessaire et intégrée au fonctionnement normal. |
Absentéisme | Niveau d’absences non planifiées, répétées ou prolongées qui appelle une analyse collective. | Hausse des arrêts longs, absences courtes récurrentes, concentration dans un service. | Le taux ne dit ni si un arrêt est justifié ni pourquoi il survient. |
Présentéisme | Fait de travailler malgré la maladie, la fatigue, l’épuisement ou une difficulté de santé. | Rester connecté malgré un état d’épuisement ou venir travailler malade par peur de désorganiser l’équipe. | Il peut masquer une fragilité avant une absence plus longue et ne figure pas dans le taux. |
Le tableau fait apparaître un principe simple : la présence n’est pas toujours un signe de bonne santé, et l’absence n’est pas nécessairement un dysfonctionnement. La mesure doit donc venir après la définition du périmètre, jamais avant.
Comment calculer le taux d’absentéisme ?
Le taux d’absentéisme rapporte le volume d’absence au volume théoriquement travaillé sur une période donnée. La formule la plus courante consiste à diviser les jours d’absence par les jours théoriquement travaillés, puis à multiplier par 100. La même logique peut être appliquée aux heures lorsque ce niveau de précision correspond mieux à l’organisation. La valeur obtenue dépend du périmètre retenu : deux entreprises ne sont comparables que si elles comptabilisent les mêmes absences, les mêmes populations et la même unité.

Les jours théoriquement travaillés correspondent généralement aux jours ouvrés planifiés multipliés par l’effectif moyen ou par les équivalents temps plein (ETP). Une entreprise comptabilisant 500 jours d’absence pour 10 000 jours théoriquement travaillés obtient ainsi un taux de 5 %. Ce résultat devient utile seulement s’il est comparé à une période antérieure calculée de la même manière et accompagné d’indicateurs de fréquence et de durée.
Quelles absences inclure ou exclure ?
Il n’existe pas un périmètre universel, mais une règle s’impose : documenter les choix et les conserver dans le temps. Le tableau suivant propose un cadre de départ à adapter au reporting de l’entreprise et à faire valider par les interlocuteurs compétents.
Type d’absence | Traitement indicatif | Pourquoi ? | Vigilance |
|---|---|---|---|
Arrêts maladie | Inclure dans un périmètre consacré aux absences non planifiées. | Ils représentent une part importante du phénomène observé. | Analyser collectivement sans chercher à connaître le diagnostic individuel. |
Accidents du travail et maladies professionnelles | Inclure et isoler dans un suivi spécifique. | Ils peuvent révéler des risques liés au poste, à l’activité ou à l’organisation. | Ne pas les fondre dans un taux global qui ferait disparaître leur nature. |
Absences injustifiées | Inclure éventuellement, mais dans une catégorie séparée. | Leur traitement RH et disciplinaire diffère des arrêts de santé. | Traiter les situations individuellement sans les généraliser. |
Congés payés et RTT | Exclure. | Ils sont planifiés et intégrés au fonctionnement normal. | Les inclure rendrait le taux inexploitable pour la prévention. |
Formation | Exclure du taux d’absentéisme courant. | Le salarié participe à une activité organisée ou autorisée. | Conserver une catégorie dédiée si le pilotage du temps l’exige. |
Maternité, paternité et événements familiaux | Traiter séparément selon l’objectif du reporting. | Leur inclusion peut brouiller l’analyse des facteurs organisationnels ou évitables. | Respecter les règles de non-discrimination et de confidentialité. |
Une fois la méthode fixée, le taux global devient un premier repère. Mais il ne suffit pas à savoir s’il faut agir sur des arrêts courts, des arrêts longs, un métier ou un retour au travail. C’est pourquoi le tableau de bord doit élargir la mesure.
Quels indicateurs suivre au-delà du taux global ?
Un pilotage utile croise le taux d’absentéisme avec la fréquence des arrêts, leur durée, la part des arrêts longs, la répartition par population, les motifs agrégés et les coûts estimés. Deux entreprises affichant 5 % peuvent connaître des situations opposées : de nombreux arrêts courts ou quelques absences très longues. La décision ne peut donc reposer sur un chiffre unique.
Le tableau suivant organise les indicateurs selon la question à laquelle ils répondent. Les découpages doivent rester suffisamment larges pour protéger la confidentialité et éviter d’identifier indirectement une personne.
Indicateur | Ce qu’il mesure | Fréquence utile | Lecture prudente |
|---|---|---|---|
Taux global | Part des jours d’absence dans les jours théoriquement travaillés. | Mensuelle ou trimestrielle. | Observer la tendance plutôt qu’un seuil universel. |
Fréquence des arrêts | Nombre d’arrêts rapporté à l’effectif ou aux ETP. | Trimestrielle. | Distinguer la répétition d’un allongement de la durée. |
Durée moyenne | Nombre moyen de jours par arrêt. | Trimestrielle ou semestrielle. | Une moyenne peut masquer quelques arrêts très longs. |
Part des arrêts longs | Poids des arrêts dépassant un seuil documenté, par exemple 30, 60 ou 90 jours. | Semestrielle. | Préciser le seuil et préparer les dispositifs de retour. |
Répartition par service, métier ou site | Concentration éventuelle des absences dans certaines situations de travail. | Mensuelle ou trimestrielle. | Éviter les groupes trop petits et interpréter avec le contexte. |
Motifs agrégés | Maladie ordinaire, accidents du travail / maladies professionnelles, troubles musculosquelettiques, affections psychiques ou autres catégories disponibles. | Semestrielle. | Ne jamais rechercher ou exposer le diagnostic individuel. |
Coût estimé | Coûts directs, indirects et organisationnels. | Annuelle. | Calculer localement et documenter les hypothèses. |
L’indicateur le plus important dépend donc du phénomène observé. Une hausse de fréquence appelle une enquête différente d’une progression des arrêts longs. Les chiffres nationaux permettent ensuite de situer le sujet, sans remplacer cette lecture interne.
Quels sont les chiffres de l’absentéisme en France ?
L’étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis indique que 32 % des salariés du privé de son périmètre ont connu au moins un arrêt de travail en 2025 et mesure un taux d’absentéisme de 4,3 %. Elle souligne surtout le poids des arrêts longs : ceux de plus de 60 jours représentent 9,4 % des arrêts, mais 63,8 % des journées d’absence. Ces repères décrivent le périmètre de l’étude et ne constituent pas une norme universelle.
L’analyse s’appuie sur les données anonymisées de 3,8 millions de salariés du secteur privé, plus de 300 000 dossiers d’arrêts longs indemnisés et un baromètre Ifop mené auprès de 3 000 salariés, 400 dirigeants d’entreprise et 200 médecins généralistes. Le tableau met ces résultats en regard d’autres signaux de prévention, sans confondre taux d’absentéisme, maladies professionnelles et perceptions déclarées.
Le Baromètre Santé au Travail 2026 de Wellpass s’appuie, de son côté, sur une étude internationale menée par YouGov en septembre 2025 auprès de 3 007 répondants en France, en Allemagne et aux États-Unis. Les informations méthodologiques publiées par Wellpass indiquent une base française de 1 000 salariés âgés de 18 ans ou plus. Cette enquête mesure des perceptions liées à la santé et au quotidien professionnel ; elle ne mesure pas directement l’absentéisme.
Source | Repère publié | Lecture opérationnelle | Limite |
|---|---|---|---|
Malakoff Humanis, étude 2026 | 32 % des salariés du privé ont connu au moins un arrêt en 2025 ; taux de 4,3 %. | Le phénomène reste élevé et doit être suivi dans la durée. | Périmètre privé du portefeuille et méthodologie propres à l’étude. |
Malakoff Humanis, arrêts longs | Les arrêts de plus de 60 jours représentent 9,4 % des arrêts et 63,8 % des journées d’absence. | La durée et le retour à l’emploi méritent un pilotage distinct du taux global. | Le seuil de 60 jours est celui de cette analyse, pas une catégorie universelle. |
Malakoff Humanis, santé mentale | Les troubles psychologiques représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours. | La prévention collective des RPS et l’accompagnement du retour sont centraux. | Ne pas tirer de diagnostic individuel ni réduire ces arrêts à une cause unique. |
Assurance Maladie, 2026 | Les TMS représentent 88 % des maladies professionnelles et le mal de dos 22 % des accidents du travail. | Les contraintes physiques et organisationnelles doivent être analysées dans la prévention. | Ces données ne constituent pas un taux d’absentéisme. |
Wellpass / YouGov, Baromètre 2026 | 87 % des actifs français redoutent un impact durable du travail sur leur santé ; 71 % jugent leur routine trop sédentaire. | Les salariés expriment une attente de prévention et de ressources concrètes. | Données déclaratives, sans causalité démontrée avec les arrêts. |
Les repères nationaux donnent un contexte, mais la bonne question reste locale : quelles populations sont touchées, à quelle fréquence, pendant combien de temps et dans quelles situations de travail ? C’est ce passage du chiffre à l’enquête qui permet de rechercher les causes.

Approfondir les données de santé au travail
Découvrez les perceptions des salariés sur la santé, la sédentarité et les ressources proposées.
Quelles sont les principales causes de l’absentéisme ?
Les causes de l’absentéisme sont rarement uniques. Elles peuvent combiner état de santé, charge, organisation, contraintes physiques, management, risques psychosociaux (RPS), climat social, situation personnelle et conditions de reprise. Une analyse crédible distingue le motif administratif de l’arrêt, les facteurs de risque observés et les causes profondes liées au travail réel, sans transformer une corrélation en diagnostic.
Sur le papier, une hausse d’arrêts maladie peut sembler appeler une action santé. Dans la pratique, elle peut aussi révéler des plannings instables, une surcharge, un manque de moyens ou une reprise mal préparée. Le tableau suivant relie donc chaque famille de causes aux signaux à observer et aux leviers à étudier.
RPS, TMS et santé mentale : comment les aborder sans simplifier ?
L’Assurance Maladie rappelle que les risques psychosociaux peuvent être induits par l’activité, l’organisation et les relations de travail. Leur prévention doit donc analyser les situations concrètes plutôt que proposer une réponse standard. Les TMS sont eux aussi multifactoriels : contraintes biomécaniques, organisation, environnement et facteurs psychosociaux peuvent se renforcer.
Une page d’information ne peut ni poser un diagnostic médical ni attribuer un arrêt à un facteur précis. Elle peut en revanche aider l’entreprise à formuler des hypothèses collectives, à les vérifier avec les bons acteurs et à choisir des actions adaptées. Pour approfondir la santé physique, consultez le guide consacré à l’absentéisme lié aux TMS et à sa prévention.
Cette prudence est d’autant plus importante que l’absence n’est que la partie visible. Avant l’arrêt, certains salariés continuent à travailler malgré une fatigue ou une difficulté importante : c’est le présentéisme.
Pourquoi analyser absentéisme et présentéisme ensemble ?
L’absentéisme mesure l’absence ; le présentéisme décrit la présence au travail malgré la maladie, l’épuisement ou une difficulté de santé. Les analyser ensemble évite une conclusion trompeuse : un taux faible peut coexister avec une fatigue élevée, des erreurs, une récupération insuffisante ou des salariés qui retardent un arrêt par peur de désorganiser l’équipe.
Le présentéisme reste moins visible parce qu’il ne produit pas immédiatement de jours perdus. Il peut pourtant dégrader la concentration, la qualité du travail et le temps de récupération. Dans certaines équipes, il est encouragé par une culture de disponibilité permanente, un sous-effectif ou l’idée qu’un arrêt ferait porter la charge sur les collègues.
Le pilotage doit donc croiser les absences avec la charge perçue, les retours managers, les enquêtes internes, les heures supplémentaires, les difficultés de remplacement et les signaux de santé au travail. Cette lecture élargie permet aussi de mieux estimer les conséquences humaines et économiques.
Quelles conséquences et quels coûts mesurer ?
L’absentéisme produit des coûts directs, mais aussi des effets indirects : remplacements, heures supplémentaires, désorganisation, retards, perte de continuité, temps managérial et surcharge des équipes présentes. Il n’existe pas de coût national applicable à toutes les entreprises. L’estimation doit partir de la paie, du fonctionnement réel, des métiers et des hypothèses documentées.
La question utile n’est donc pas seulement « combien coûte un jour d’absence ? », mais « quelles conséquences cette absence entraîne-t-elle dans notre organisation ? ». Le tableau suivant aide à construire ce calcul local.
Une estimation crédible sert à prioriser la prévention, pas à transformer chaque absence en dette imputable au salarié. Pour approfondir cette construction, consultez l’analyse des conséquences et coûts de l’absentéisme.
Une fois les impacts identifiés, l’entreprise peut revenir aux causes et choisir les leviers qui relèvent réellement de son organisation. C’est là que commence la prévention.
Comment réduire l’absentéisme sans culpabiliser les salariés ?
Réduire l’absentéisme ne signifie pas empêcher les salariés de s’arrêter. Une démarche durable traite l’absentéisme comme un signal collectif : elle fiabilise les données, analyse le travail réel, agit sur les risques, forme les managers et accompagne les retours. Les résultats doivent être suivis dans le temps, sans promesse de baisse automatique ni pression individuelle.
La méthode suivante organise la démarche en sept étapes. Son ordre évite de choisir une solution avant d’avoir compris le phénomène.
- Réaliser un diagnostic partagé. Analyser les données par métier, service, durée et période, puis les compléter par des retours qualitatifs.
- Agir sur le travail réel. Examiner la charge, les priorités, les plannings, l’autonomie, les moyens, les interruptions et les irritants récurrents.
- Prévenir les risques professionnels. Intégrer les RPS, les TMS, l’ergonomie, la sédentarité et les contraintes propres aux postes.
- Former et soutenir les managers. Les aider à repérer les signaux faibles, dialoguer sans stigmatiser et réguler la charge.
- Impliquer les acteurs concernés. Associer direction, RH, CSE, salariés, managers et service de prévention et de santé au travail selon le sujet.
- Préparer les retours. Maintenir le lien avec prudence, présenter les dispositifs disponibles et anticiper les adaptations possibles.
- Mesurer et ajuster. Suivre les indicateurs d’absence, l’usage des actions, la satisfaction et les effets observés, en documentant les autres changements.
Que montrent les cas Wellpass sur l’adoption d’une action de prévention ?
Une action de prévention n’a de valeur que si elle est accessible et utilisée. Les cas Betclic et Deepki ne démontrent pas une baisse de l’absentéisme ; ils illustrent deux conditions préalables : l’équité d’accès pour des équipes distribuées et l’animation nécessaire pour faire adopter un avantage sport et bien-être volontaire.
Ce que ces cas permettent de retenir est limité mais utile : un dispositif complémentaire doit être choisi après un diagnostic, accessible aux différentes populations et animé dans la durée. L’étape suivante, souvent moins visible, concerne les salariés déjà absents et la préparation de leur retour.
Comment accompagner les arrêts longs et le retour au travail ?
Les arrêts longs nécessitent un pilotage distinct : ils représentent une faible part des arrêts mais concentrent une majorité des journées d’absence dans l’étude Malakoff Humanis 2026. L’objectif n’est pas de contrôler le salarié, mais de maintenir un lien respectueux, d’informer sur les dispositifs et d’anticiper les conditions de reprise avec les acteurs compétents, dans le respect du secret médical.
L’Assurance Maladie indique qu’un rendez-vous de liaison peut être proposé pendant un arrêt de plus de 30 jours. Cet échange est non médical et facultatif pour le salarié. L’employeur doit informer le salarié de l’existence du dispositif ; si le salarié l’accepte ou le sollicite, une date lui est proposée dans un délai de 15 jours. Le service de prévention et de santé au travail peut être associé afin de présenter les dispositifs de prévention de la désinsertion professionnelle, les possibilités d’aménagement et l’éventuelle visite de pré-reprise.
Le retour n’est donc pas une étape administrative isolée. Il prolonge la prévention et peut révéler ce qui doit être modifié dans le poste, l’organisation ou le collectif. Un contenu dédié pourra approfondir ces dispositifs sans alourdir ce guide.

Quel plan d’action suivre en huit semaines ?
Un plan en huit semaines permet de structurer une première boucle de diagnostic, d’expérimentation et de mesure. Il ne promet pas de résoudre l’absentéisme en deux mois : il aide à fiabiliser le périmètre, comprendre les causes, prioriser quelques actions et lancer un pilote. Les arrêts longs et les situations individuelles sensibles doivent continuer à être accompagnés en parallèle.
La séquence suivante est un cadre adaptable à la taille, au niveau d’urgence et aux ressources de l’entreprise.
À l’issue des huit semaines, la décision n’est pas forcément de généraliser. Elle peut consister à corriger le diagnostic, prolonger le pilote ou choisir une autre catégorie de solution. Le choix doit toujours revenir aux causes identifiées.

Quelles solutions choisir selon les causes de l’absentéisme ?
Il n’existe pas une solution unique contre l’absentéisme. Un problème de mesure appelle un tableau de bord ; une surcharge nécessite une action sur l’organisation ; des RPS demandent une prévention collective ; des TMS une analyse de poste ; un retour fragile un accompagnement dédié. Les actions sport et bien-être peuvent compléter ce dispositif, mais ne remplacent aucune de ces responsabilités.
Le tableau suivant part du besoin identifié plutôt que de la solution disponible. Cette logique évite d’installer un outil attractif qui ne répondrait pas au facteur principal.
Quel rôle pour le sport et le bien-être dans une démarche de prévention ?
Une solution sport et bien-être peut rendre une politique de prévention plus concrète lorsqu’elle est volontaire, accessible à plusieurs profils et utilisable dans les lieux où vivent ou travaillent les salariés. Elle peut agir sur le mouvement, la récupération, l’énergie perçue et le lien social. Son éventuelle contribution doit être suivie par l’usage, la satisfaction et les indicateurs internes, sans prétendre isoler un effet causal sur l’absentéisme.
Pour examiner le fonctionnement, les conditions d’adéquation, le cofinancement, le déploiement et les limites d’une telle brique, consultez la page dédiée à la manière dont Wellpass peut compléter une démarche de prévention de l’absentéisme.
Évaluer une brique sport et bien-être
Découvrez comment Wellpass peut compléter un plan de prévention plus large, sans remplacer l’action sur les causes.
Quelles obligations et précautions juridiques entourent l’absentéisme ?
L’employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. L’article L4121-1 du Code du travail prévoit des actions de prévention, d’information et de formation, ainsi qu’une organisation et des moyens adaptés. L’absentéisme peut alimenter l’évaluation des risques, mais il ne constitue ni une faute générale ni un diagnostic sur les salariés concernés.
La prévention doit s’articuler avec le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), les risques psychosociaux, les troubles musculosquelettiques, les conditions de travail et les dispositifs de retour à l’emploi. L’employeur peut traiter les informations administratives nécessaires à la gestion des absences, mais il n’a pas accès au diagnostic médical : le dossier médical est détenu par le service de prévention et de santé au travail. Les analyses doivent rester proportionnées, sécurisées et suffisamment agrégées pour éviter d’identifier indirectement une situation de santé.
Situation | Risque | Bonne approche | Source ou contrôle |
|---|---|---|---|
Arrêts maladie | Stigmatiser, contrôler indûment ou rechercher le diagnostic. | Analyser les tendances collectives et respecter le secret médical. | Droit du travail, Assurance Maladie et conseil compétent. |
Données médicales | Rechercher, conserver ou diffuser un diagnostic auquel l’employeur n’a pas accès. | Limiter le traitement aux informations administratives nécessaires et laisser les données médicales aux professionnels habilités. | |
Données par équipe | Identifier indirectement une personne ou exposer une situation de santé. | Utiliser des groupes suffisamment larges, des accès limités et une finalité explicite. | DPO, politique RH et règles de protection des données. |
RPS et TMS | Traiter les risques par des actions individuelles ou génériques. | Évaluer les situations de travail et intégrer les actions au DUERP. | Assurance Maladie, INRS et SPST. |
Rendez-vous de liaison | Le présenter comme obligatoire ou comme un contrôle médical. | Informer sur son caractère facultatif, non médical et sur les dispositifs disponibles. | Assurance Maladie, règles à jour. |
Objectifs de réduction | Créer une pression ou une incitation à ne pas s’arrêter. | Fixer des objectifs de prévention, de qualité des retours et de réduction des facteurs de risque. | Validation RH, prévention et juridique. |
Ces repères restent généraux. Les obligations exactes dépendent de la situation, de la durée et du motif de l’arrêt, de l’effectif et des accords applicables. Toute formulation sensible doit être vérifiée avant publication et avant mise en œuvre.
Comment passer du constat à la prévention durable ?
Au terme de l’analyse, l’absentéisme apparaît moins comme un problème unique que comme un indicateur qui oblige à regarder plusieurs réalités : fréquence des arrêts, durée, conditions de travail, risques, management, santé et retour à l’emploi. Chercher un seuil ou un responsable unique produit rarement une réponse utile.
La démarche la plus robuste suit une logique continue : définir une méthode stable, croiser plusieurs indicateurs, écouter les acteurs du travail, agir sur les causes prioritaires, accompagner les retours puis mesurer ce qui change réellement. Les actions sport et bien-être peuvent prendre place dans ce plan lorsqu’elles répondent à un besoin identifié et restent volontaires, accessibles et correctement pilotées.
La prévention devient durable lorsque les données ne servent plus seulement à constater les absences, mais à améliorer les situations de travail et à sécuriser les parcours. C’est cette capacité d’apprentissage, plus que la recherche d’un taux idéal, qui permet à l’entreprise de progresser.
Sources et méthodologie
Méthodologie de l’étude Malakoff Humanis 2026
Les repères nationaux principaux proviennent de l’étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, publiée le 30 juin 2026 et consacrée aux arrêts observés en 2025. Elle combine les données anonymisées de 3,8 millions de salariés du secteur privé, l’analyse de plus de 300 000 dossiers d’arrêts longs indemnisés et un baromètre Ifop mené auprès de 3 000 salariés, 400 dirigeants et 200 médecins généralistes. Les résultats doivent être interprétés dans ce périmètre.
Méthodologie du Baromètre Santé au Travail 2026
Le Baromètre Santé au Travail 2026 de Wellpass s’appuie sur une étude internationale menée par YouGov en septembre 2025 auprès de 3 007 répondants en France, en Allemagne et aux États-Unis. Les informations méthodologiques publiées par Wellpass indiquent une base française de 1 000 salariés âgés de 18 ans ou plus. L’enquête mesure des perceptions relatives à la santé, au quotidien professionnel et aux ressources proposées ; elle ne mesure pas directement les absences.
Sources institutionnelles et références
- Malakoff Humanis — Étude Absentéisme en entreprise 2026, données 2025, publiée le 30 juin 2026.
- Ministère du Travail — Prévenir l’absentéisme en entreprise, publié le 9 avril 2026.
- Assurance Maladie — Absentéisme : comprendre et agir, mise à jour du 19 mars 2026.
- Assurance Maladie — Risques psychosociaux.
- Assurance Maladie — Troubles musculosquelettiques : pourquoi et comment agir.
- Assurance Maladie — Rendez-vous de liaison pendant un arrêt de travail, 24 septembre 2025.
- Service Public — Visite médicale de reprise après un arrêt de travail, vérifié le 31 août 2026.
- Légifrance — Code du travail, article L4121-1.
- CNIL — Données sur la santé : un employeur peut-il les connaître ?.
- CNIL — Référentiel de durées de conservation des données RH, 2 avril 2026.
- EGYM Wellpass — Baromètre Santé au Travail 2026.
- EGYM Wellpass — Cas Betclic, publié le 29 avril 2026.
- EGYM Wellpass — Témoignage du CSE de Deepki, publié le 30 avril 2026.