Les causes de l'absentéisme : comprendre pour agir
Category: Pour les entreprises
Publication: 2025-10-23
L'absentéisme est un phénomène multifactoriel, lié à la santé mentale (stress, burn-out), aux conditions de travail (manque de reconnaissance, environnement inconfortable) ou aux responsabilités personnelles (garde d’enfants, soins aux proches) qui sape la dynamique d’une entreprise et entraîne des coûts financiers, un surcroît de stress pour les collègues, et fragilise la performance collective. Quelles en sont les causes principales ?
Comprendre l'absentéisme : un enjeu stratégique pour l'entreprise
Les conséquences de l’absentéisme sont multiples et impactent énormément les entreprises : coûts de remplacement, impacts sur la qualité de travail. Cet article explore donc les causes de ce phénomène et propose des solutions concrètes de prévention de l’absentéisme pour troubles musculosquelettiques et autres motifs qui nécessitent des réponses adaptées.
L'essentiel sur les causes de l'absentéisme en bref
L’absentéisme coûte cher aux entreprises avec des millions de journées perdues annuellement. Un salarié sur deux déclare avoir été absent sans préavis ces deux dernières années. Selon l’OMS, 12 milliards de journées de travail sont perdues chaque année à cause de la dépression et de l’anxiété (≈ 1 000 Mds $), ce qui justifie de cibler les facteurs de santé, de contraintes personnelles (aidance) et d’environnement de travail (RPS) pour agir efficacement.
Quelles sont les causes de l’absentéisme ? Définitions et typologies
Définir l'absentéisme pour mieux le comprendre
L'absentéisme au travail désigne les absences répétées ou imprévisibles d'un salarié, souvent sans justification valable. Contrairement aux congés planifiés, il reflète des problématiques de santé, de motivation ou d'environnement professionnel.
Il se mesure via un taux calculé en divisant les jours d'absences injustifiées par les jours travaillés. Selon l'INSEE, ce taux varie selon les secteurs, avec des pics dans des domaines exigeants comme la santé ou les services à la personne.
Plus qu'un chiffre, il s'agit d'un signal d'alerte révélant des tensions internes. Santé mentale, conflits hiérarchiques ou difficultés personnelles sont souvent les conséquences de l'absentéisme au travail. Selon la Dares, les absences au travail s’expliquent principalement par des raisons de santé, souvent liées aux conditions de travail. La DREES chiffre à ≈ 10,2 Md€ en 2023 les indemnités journalières “maladie” versées par l’Assurance maladie, et l’Institut Sapiens évalue le coût global de l’absentéisme en France à ≈ 107 Md€ par an (coûts directs et pertes de productivité).
Les différents types d'absentéisme
Voici un aperçu des principales catégories :
Ces typologies montrent la complexité du phénomène. Les causes varient selon les cas, de la santé réelle à la gestion du temps personnel. L'absentéisme blanc, lié aux troubles musculosquelettiques, représente un enjeu majeur.
Les causes de l'absentéisme liées aux facteurs individuels
La santé physique et mentale : première source d'absence
Les problèmes de santé constituent la cause la plus évidente d’absentéisme. Ils englobent à la fois les maladies aiguës, comme une grippe ou un accident domestique, et les maladies chroniques, souvent sous-estimées dans leur impact. Les pathologies suivantes sont particulièrement associées à un absentéisme accru :
- L’hypertension artérielle
- Le diabète
- Le tabagisme
- L’inactivité physique
- L’obésité
Les contraintes et responsabilités personnelles
Les responsabilités familiales et les contraintes personnelles comme le manque de solutions de garde pour les enfants malades ou l’accompagnement de proches âgés font également partie des principales causes de l’absentéisme au travail. Tout cela, sans compter les problèmes financiers, conflits personnels ou urgences (panne de transport, par exemple) qui amplifient ce phénomène.
Les causes de l'absentéisme issues des facteurs organisationnels
Le rôle du management et du manque de reconnaissance
Les facteurs organisationnels pèsent lourd dans l’absentéisme. L’environnement de travail, notamment le style de management et la reconnaissance, joue un rôle clé. Un management autoritaire, absent ou basé sur le micro-management génère stress et démotivation.
La reconnaissance est donc un levier déterminant pour prévenir l'absentéisme en entreprise. L’absence de valorisation, qu’elle soit salariale ou symbolique, entraîne une perte de sens. Selon une enquête Hays menée en 2021 auprès d’environ 17 000 professionnels en France, 44 % déclarent avoir déjà démissionné par manque de reconnaissance. Un déficit qui alimente un absentéisme répétitif, qualifié d'absentéisme comportemental, avec des absences courtes, mais fréquentes.
La charge de travail, le stress et le manque de motivation
La charge de travail, qu’elle soit excessive ou insuffisante, est un facteur critique. La surcharge provoque des risques psychosociaux (RPS), jusqu’au burn-out, souvent liés à des absences pour troubles musculosquelettiques récurrents dans les métiers physiques. À l’inverse, le bore-out, marqué par une sous-stimulation chronique (tâches répétitives, manque de défis), altère la santé mentale et justifie des absences pour mal-être. Ce phénomène est souvent sous-estimé, mais il représente une cause indirecte majeure d’absentéisme. Des outils comme les entretiens réguliers, les aménagements ergonomiques ou les programmes de bien-être, accessibles via des solutions comme Wellpass permettent ainsi de prévenir ces risques avant qu’ils ne se généralisent.
L'impact des conditions de travail comme cause de l'absentéisme
L'environnement physique et la sécurité au travail
Les conditions physiques du lieu de travail influencent directement le bien-être des salariés. Un environnement bruyant, des températures inconfortables ou des équipements inadaptés augmentent les risques de fatigue prématurée et d’erreurs.
Les risques liés à la sécurité, comme des outils défectueux ou des procédures non respectées, génèrent également un climat d’insécurité. Un accident du travail, même mineur, peut susciter une crainte légitime de récidive. Ce qui pousse certains salariés à s’absenter pour éviter l’exposition au danger.
Le climat social et les risques psychosociaux (RPS)
Les risques psychosociaux (RPS) désignent les menaces pour la santé mentale liées à l’organisation du travail ou aux relations hiérarchiques. Les facteurs suivants aggravent ces risques :
- Une surcharge de travail ou des horaires exigeants
- Des exigences émotionnelles (gestion de clients difficiles, répression des émotions)
- Un manque d’autonomie dans la prise de décisions
- Des relations conflictuelles avec l’équipe ou la hiérarchie
- La précarité du poste ou la crainte de licenciement
Selon le baromètre Qualisocial × Ipsos, 62 % des salariés estiment que les situations de harcèlement au travail sont de plus en plus fréquentes (et 74 % les jugent répandues). Ces situations, souvent sous-déclarées, entraînent un absentéisme indirect, les victimes évitant le lieu de travail pour échapper à l’hostilité.
Pour les entreprises, agir sur ces facteurs passe par une formation des managers, une meilleure écoute des équipes et la mise en place de dispositifs de signalement. Une amélioration du climat social réduit non seulement l’absentéisme, mais renforce aussi l’engagement des collaborateurs.
Mesurer et comprendre les conséquences de l'absentéisme au travail
Les impacts sur l'entreprise et les équipes
L'absentéisme génère des coûts directs (maintien de salaire, recours à des intérimaires) et indirects (surcharge des équipes, baisse de productivité).
En France, selon l’IBET 2024, le désengagement coûte 14 840 € par salarié et par an, et l’absentéisme atteint ≈ 107,9 Md€ par an.
Pour la santé mentale, la Cour des comptes chiffre à 107 Md€ le coût économique et social annuel (et ≈ 163 Md€ selon Fondation FondaMental en 2023), tandis que l’OCDE évalue l’impact à > 4 % du PIB en Europe, dont une part importante due aux pertes de productivité.
Les effets sur le climat social incluent également une détérioration de la cohésion d'équipe et une réputation ternie.
Comment calculer et suivre le taux d'absentéisme
Pour le mesurer, appliquez la formule : (Nombre d'heures d'absence / Nombre d'heures théoriques) × 100. Par exemple, 100 heures d'absence sur 7 000 heures théoriques donnent un taux de 1,43%. Ce suivi, couplé à l'analyse des motifs (type de poste, ancienneté), aide à cibler les actions. Les indicateurs clés incluent :
- Taux d'absentéisme par service ou site
- Durée moyenne des absences (ex. : 10 jours pour maladie contre 3 mois pour accidents professionnels)
- Évolution par tranche d'âge (les salariés plus âgés s'absentent plus longtemps)
Agir sur les causes de l'absentéisme : une démarche préventive
L’absentéisme multifactoriel révèle l’état de santé des salariés et la qualité de leur environnement de travail. Pour réduire les absences, priorisez donc l’amélioration du dialogue social, la formation des managers et la flexibilité (télétravail, horaires adaptables). Des actions comme les entretiens post-absence ou les programmes de bien-être renforcent également l’engagement.